Sur les missions d’audit que je conduis auprès de TPE et de PME, je rencontre presque systématiquement les cinq mêmes erreurs SEO. Aucune n’est sophistiquée. Aucune ne demande de refonte. Toutes coûtent des clients chaque mois.
Table des matières
La plupart sont connues, documentées, parfois depuis dix ans. Et pourtant elles restent récurrentes en 2026 sur la majorité des sites que j’examine. Cet article les liste, explique pourquoi elles posent problème au regard des règles documentées par Google et Microsoft, et propose un plan d’action correctif applicable sans refonte du site.
Erreur 1 : site sans HTTPS ou avec un LCP trop élevé
Un site sans HTTPS ou avec un Largest Contentful Paint (LCP) supérieur à 4 secondes est pénalisé par Google et perd des visiteurs avant même qu’ils ne lisent le contenu.
HTTPS est un signal de classement officiel Google depuis 2014, annoncé par Google Search Central. Sans HTTPS, le navigateur affiche un avertissement de sécurité qui fait fuir une partie des visiteurs avant le premier clic interne.
Les Core Web Vitals (LCP, INP, CLS) sont intégrés à Google Search comme signaux de classement depuis le Page Experience Update de 2021, documentation Google Search Central. Les seuils officiels Google pour le LCP sont les suivants : bon en dessous de 2,5 secondes, à améliorer entre 2,5 et 4 secondes, mauvais au-delà de 4 secondes.
Action : mesurer les pages stratégiques avec PageSpeed Insights et le rapport Signaux web essentiels dans Google Search Console. Pour une TPE/PME, les leviers les plus efficaces sont la compression des images, la mise en cache, et un hébergement adapté au volume de trafic réel.
Erreur 2 : aucune donnée structurée Schema.org
Sans données structurées Schema.org, un site est inéligible aux résultats enrichis de Google et envoie moins de signaux exploitables aux systèmes d’IA générative qui sélectionnent les sources des AI Overviews et des LLM.
Schema.org n’est pas un facteur de classement direct : Google le précise explicitement. En revanche, ces données permettent à Google de comprendre la nature du contenu et conditionnent l’éligibilité aux résultats enrichis (étoiles, prix, fil d’Ariane, horaires d’ouverture). Pour les systèmes AI Search, des données structurées propres facilitent l’extraction et la citation.
Pour une TPE ou une PME, les types les plus utiles sont LocalBusiness (commerce physique), Organization, Person (signaler l’auteur et son expertise), Service, Article et BreadcrumbList. À noter : depuis août 2023, Google restreint l’éligibilité de FAQPage aux sites gouvernementaux et de santé. Le contenu FAQ reste utile pour le lecteur et pour les LLM, mais ne déclenche plus de résultats enrichis pour la majorité des sites.
Action : installer un plug-in SEO qui gère les données structurées (Rank Math, Yoast SEO) et valider le rendu avec l’outil de test des résultats enrichis Google.
Erreur 3 : ne pas répondre directement aux vraies questions des prospects
Un contenu qui ne répond pas explicitement aux questions concrètes des prospects, dans les premiers mots de chaque section, est faiblement repris dans les AI Overviews et les réponses des LLM, et il convertit mal en lecture humaine.
Microsoft précise en octobre 2025 que ses systèmes AI décomposent le contenu en « sections plus petites et signifiantes » et que chaque section est évaluée selon sa clarté, sa structure et sa capacité à répondre directement à l’intention de l’utilisateur. La recherche académique GEO (ACM SIGKDD 2024) confirme que les passages directs, bien structurés et bien sourcés sont privilégiés par les moteurs génératifs.
Concrètement, beaucoup de sites TPE/PME enchaînent des paragraphes descriptifs sans bloc autonome. Une section qui démarre par « Notre entreprise propose depuis 1995… » ne répond à aucune question d’utilisateur. Une section qui démarre par « Combien coûte une prestation X ? » suivie d’une fourchette de prix et des facteurs de variation répondent à une intention claire et peut-être extraite par un LLM ou un AI Overview.
Action : identifier les 10 questions les plus posées en clientèle, créer un H2 ou un H3 par question, et placer la réponse directe dans les premiers mots de chaque section.
Erreur 4 : contenu sans signaux E-E-A-T
Un contenu sans signaux E-E-A-T (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) est faiblement valorisé par Google, et faiblement cité par les LLM, car rien ne permet aux systèmes d’évaluer la fiabilité de l’auteur et de la source.
Le E-E-A-T est documenté par Google dans les Search Quality Rater Guidelines, avec une importance renforcée pour les sujets à enjeu (santé, finance, sécurité). Il ne s’agit pas d’une métrique unique mais d’un faisceau de signaux : l’expérience démontrée dans le contenu, le raisonnement technique, les sources citées, l’identité de l’auteur, les mentions tierces.
Une erreur fréquente sur les sites TPE/PME consiste à publier des articles sans auteur identifié, sans bio, et sans sources externes. Une autre consiste à afficher une bio générique qui ne prouve rien (« 20 ans d’expérience dans le secteur ») au lieu d’une bio démontrant l’expertise : certifications, publications, mandats, expérience terrain mesurable.
Concrètement, sur mon propre site, je n’écris pas « expert SEO depuis 20 ans » sans le démontrer. Je précise que j’ai co-créé la CESEO (Certification Expert SEO) en 2009 et que je préside le jury des certifications CESEO et QASEO depuis 2023, en lien avec la Fédération des professionnels du Search Marketing (FePSeM). Chacune de ces affirmations est vérifiable par un lien sortant institutionnel : c’est ça qui transforme une autodéclaration en signal exploitable par Google et par les LLM. Une TPE ou une PME peut appliquer la même logique à son échelle : afficher les certifications réelles de ses dirigeants ou de ses équipes (qualifications professionnelles, labels sectoriels, agréments), les liens vers les organismes certificateurs, les mandats associatifs, les publications dans des médias reconnus.
Action : sur chaque article, afficher une biographie auteur avec photo, lien LinkedIn, mention des certifications professionnelles, et lien sortant vers la fiche de l’organisme certificateur. Citer au moins deux sources externes reconnues dans le corps de l’article, au plus près des affirmations qu’elles soutiennent.
Erreur 5 : ignorer le GEO et les LLM en 2026
En 2026, un site optimisé uniquement pour Google et invisible pour ChatGPT Search, Perplexity, Microsoft Copilot et Google AI Overviews perd progressivement de la visibilité sur les requêtes informationnelles.
Le GEO (Generative Engine Optimization) regroupe les pratiques qui rendent un contenu repérable et qui peut être cité par les moteurs génératifs. Pour les principes complets, voir l’article Qu’est-ce que le GEO et pourquoi ça change tout ?.
Trois prérequis techniques sont aujourd’hui critiques pour exister dans ces surfaces. Premièrement, autoriser explicitement les bots IA dans robots.txt : OAI-SearchBot pour ChatGPT Search, PerplexityBot, ClaudeBot, BingBot pour Microsoft. Deuxièmement, s’assurer que le contenu principal est présent dans le HTML initial sans nécessiter l’exécution de JavaScript, car la majorité des bots IA n’exécutent pas le JS. Troisièmement, configurer Bing Webmaster Tools au même titre que Google Search Console, car ChatGPT Search et Copilot s’appuient sur l’index Bing.
Action : réaliser un audit GEO de base : contrôle du robots.txt, vérification du rendu HTML sans JavaScript, configuration de Bing Webmaster Tools, et test manuel mensuel de citations dans ChatGPT, Perplexity, Microsoft Copilot et Google AI Overviews.
Le plan d’action correctif en 5 étapes
Les cinq erreurs ci-dessus se corrigent par étapes successives, sans refonte du site. L’ordre recommandé est le suivant.
- Auditer l’existant. Passer le site à PageSpeed Insights, au test de résultats enrichis Google, et vérifier l’accès des bots IA dans robots.txt et dans les logs serveur.
- Sécuriser les fondations techniques. Activer HTTPS si nécessaire, corriger les Core Web Vitals critiques (LCP, INP, CLS), configurer Bing Webmaster Tools.
- Structurer avec Schema.org. Installer Organization, Person, Service, Article, LocalBusiness si commerce physique, BreadcrumbList. Via un plugin SEO type Rank Math ou Yoast.
- Réécrire les pages stratégiques. Cinq à dix pages, en blocs autonomes avec une réponse directe en tête de section, des sources citées au plus près des affirmations, et des signaux E-E-A-T (bio auteur, certifications, mentions tierces).
- Piloter dans la durée. Mettre en place un protocole de mesure mensuel : Search Console, signaux web essentiels, Bing Webmaster Tools AI Performance, et tests manuels de citations dans les principaux moteurs génératifs.
Pour aller plus loin, la page audit SEO détaille la méthode complète, et la page audit GEO couvre la couche moteurs génératifs. Pour échanger directement sur l’état de votre site, prendre rendez-vous en visioconférence.
Sources principales
- Google Search Central. HTTPS as a ranking signal (août 2014).
- Google Search Central. Page Experience documentation.
- Google Search Central. Introduction aux données structurées.
- Google Search Central. Changements FAQ et HowTo rich results (août 2023).
- Google. Search Quality Rater Guidelines (PDF).
- Microsoft Advertising. Optimizing your content for inclusion in AI Search answers (octobre 2025).
- Aggarwal et al. GEO: Generative Engine Optimization, ACM SIGKDD 2024.

